Titre: Rapport sur Ravachol du 27 juin 1891 (première fuite et évasion)
Auteur·e: Police française
Date: 27 juin 1891
Source: extrait le 15 juillet 2026 de Wikisource (original documenté et versé par le site Archives anarchistes)
Notes: Rapport sur la première arrestation et l'évasion de Ravachol en 1891. Le texte est bourré de fautes d'orthographe et le nom des condés ayant procédé à l'arrestation n'a pas pu être 100% vérifié et n'est possiblement pas exact. Le document original a été fourni par Archives anarchistes.

L’an mil huit cent quatre-vingt-onze et le vingt-sept du mois de juin.

Nous soussignés, Therle, Lucet & Nicolas, au service de la sûreté.

Rapportons ce qui suit. M. Bénad chef de la Sûreté nous ayant mis en surveillance à Villebœuf le Haut, maison Gilly, pour mettre en état d’arrestation une bande de malfaiteurs, et plus particulièrement un individu, et sa concubine, lequel correspondait parfaitement à l’auteur de l’assassinat de Brunel dit l’Ermite, du Val-de-Grace, à Chambles, lesquels avaient un domicile dans la dite maison Gilly.

Vers les neuf heures du soir, M. le Commissaire de Police du deuxième arrondissement, vint nous rejoindre, accompagné de deux agents de son bureau et le garde du Jardin des Plantes, M. le commissaire nous ayant demandé des renseignements, sur la composition de cette bande, et mis au courant de la situation, il renvoyait un des agents et le garde. M. le commissaire et l’autre agent, restèrent avec nous, pour nous prêter main forte, en cas de besoin, nous restions donc cinq, y compris M. le commissaire de police, après avoir pris nos dispositions, dans une chambre, à proximité de celle occupée par les malfaiteurs, et qui nous permettait de surveiller toutes les personnes s’introduisant dans la maison.

Vers minuit un quart, nous entendiment tout à coup, des pas dans l’escalier, et un bruit de clefs, et quelqu’un qui cherchait à ouvrir une porte ; nous nous précipitions aussitôt vers l’escalier pour arrêter l’individu, qui nous appercevant, cherchait à prendre la fuite ; quoique dans l’obscurité complète, n’ayant pas de lumière, nous saissition cet individu, que nous traignions dans la cuisine du propriétaire, là, après avoir éclairé une boujit, nous avont reconnue cet individu pour être le M. Konisten, anarchiste et malfaiteur très dangereux, lequel se débattait entre nos mains comme un désespéré, criant de toutes ses forces à moi mes amis, à mon secours, et s’adressant aussitôt à nous, il nous menaces, en nous disant vous êtes tous perdus, pas un de vous n’échappera, pour qu’aud à moi, je m’en fout, je fait le sacrifice de ma vie, mais l’on va me venger.

Comme il continuait de nous opposer une vive résistance, nous donnant des coups de pieds pour se débarasser de nous ; nous avons alors essayé de le bailloner, pour le mettre dans l’impossibilité de crier. M. le commissaire de Police, nous dit alors de ne pas le brutaliser, qu’il était arrêté et en présence d’un majistrat. L’agent Lucet qui était porteur d’une paire de chaînes, les fit passer à M. le commissaire, pour enchainer notre prisonnier mais n’ayant put les lui mettre, étant trop énervé par les événements qui venait de se passer, fit alors passer les chaines à l’agent Nicolas, qui les mis au prisonnier, aux poignets, et attaché de près derrière le dos, étant ainssi garroté, et plus calme, nous l’avons fouillé, et trouvé porteur d’une somme de 60 francs environ composée en partie de pièces de 0, 50 cent et d’un francs, ainssi qu’un trousseau de clefs, après sur les % de M. le commissaire de police, nous sommes montés dans sa chambre et en sa présence, nous avons fait une perquisition sommaire, avec M. le Commissaire, parmis les objets qui s’y trouvait, nous avont remarqué, que la plupart, provenait du vol commis chez M. Loy à la côte, et qui nous avait été signalé. Ces formalités ramplie, nous emmenion notre prisonnier, qui marchait entre nous cinq, étant arrivé, presque en bas de la côte, à quelques mètres du café Seytre, un individu que nous n’avions pas apperçu, sortie d’un sentier qui longeait un mur, porteur d’un paquet, et vint droit sur nous, nous nous arrêtière aussitôt avec notre prisonnier pour l’interpeler, Konisten, se trouvait alors au milieu de nous, M. le commissaire demanda à l’individu que nous venion de rencontrer, ou il allait et ce qu’il portait, il répondit d’un ton très arrogant que cela nous regardais pas et qu’il allait chez lui, c’est individu qui faisait l’ivrogne, mais qui paraissait de la bande à Konisten, et un complice, nous allière le mettre en arrestation, l’orsque notre prisonnier, baissant la tête, repoussoit d’un coup d’épaule l’agent Lucet, sur le côté pour se frayer un passage, et prenait la fuite à toutes jambes dans la direction de Patroa, à ce moment l’obscurité était des plus complète nous nous mimes aussitôt tous à sa poursuite, et nous le poursuivions, pendant près de 2 kilomètres.

Mais arrivé à un croisement de chemins au dessus de Chalet de Beaulieu ; sur le chemin qui conduit à Patroa, et ou se trouve plusieurs fermes, entouré d’harbres, de hais et brouissailles très hautes, ainssi que des champs de froment, et prairies très garnie, qui rendent encore l’obscurité plus intense, nous avons perdu de vue notre prisonnier, sans qu’il nous ai été possible de le retrouver, malgré nos recherches les plus minutieuses pendant le restant de la nuit et de la journée.

L’individu cause, de l’évasion de notre prisonnier avait de ce temps pris la fuite dans une autre direction, nous n’avons put savoir qui il était et ce qu’il portait, mais tout porte à croire que c’est un complice, venu là tout esprès, pour détourner notre attention, et favoriser l’évasion de Konisten.

L’arrestation, la conduite et l’évasion du prisonnier a eu lieu sous la direction [censuré dans l'original] de M. Eychenet, commissaire de police du 2ème arrondissement qui était présent, l’agent Fraquin, planton au 2ème arrondissement, et les agents de la sûreté Therles, Nicolas et Lucet.

Therles Lucet Nicolas