#title Vengeance Anarchiste
#date 6 mars 1883
#source extrait le 15 juillet 2026 de [[https://fr.wikisource.org/wiki/Vengeance_Anarchiste][Wikisource]]
#lang fr
#pubdate 2026-07-15T16:47:34
#authors collectif
#topics vengeance, Procès des 66, La Vengeance anarchiste, L'Étendard révolutionnaire, presse anarchiste, anarchisme en France, anarchisme à Paris
#notes Premier article du premier et seul numéro de La Vengeance anarchiste, un journal où participe Louise Michel en 1883 juste avant la manifestation du 9 mars 1883.
Le titre que nous inscrivons en tête de cet organe, nous dispense de longs commentaires ; il indique suffisamment et l’esprit qui nous l’a dicté, et les intentions qu’il exprime.
La Vengeance Anarchiste, cela veut dire que nous nous imposons dès aujourd’hui, la tâche de reprendre la propagande des idées condamnées à Lyon, dans la personne de nos amis, et de leur donner avec tous les développements qu’elle comportent, la force particulière qu’elle doivent maintenant revêtir.
La Vengeance Anarchiste, cela veut dire que nous voulons à Paris, combler la place laissée vide par l’Étendard Révolutionnaire de Lyon, et relever le drapeau que la bourgeoisie a pu faire tomber un instant, mais qu’elle ne pourra jamais empêcher de flotter jusqu’au jour du triomphe de la Justice et de la Liberté.
C’est assez dire que la Vengeance Anarchiste, sera toujours un organe de combat, que sans laisser absolument de côté la partie théorique des idées anarchistes, elle aura principalement pour but la lutte pratique de tous les jours, la bataille de tous les instants.
Qu’on ne s’attende donc point à voir les colonnes de ce journal encombrées de déclamations stériles contre la société bourgeoise, de phrases sonores sur l’esclavage des travailleurs, ni de longs articles sur la base de nos opinions et l’origine de nos idées.
Ce que nous voulons faire – et ce que nous ferons, – c’est donner sur les faits de chaque jour, sur les événements politiques, comme sur les phénomènes économiques, l’opinion des indisciplinés et des révoltés que nous sommes ; c’est montrer aux travailleurs à l’aide de leur expérience dont ils ont payé et dont ils payent encore assez cher les frais pour en faire leur profit, quelle doit être leur conduite vis-à-vis des menées des politiciens et les agissements des capitalistes.
Ce n’est point de la théorie, mais de la pratique que nous entendons faire ; nous voulons que les travailleurs puissent enfin comprendre comment on les berne, comment on les trahit.
Nous prendrons donc chaque fait qui se produira, chaque événement qui émergera du gâchis politique dans lequel nous pataugeons, pour en tirer une conclusion révolutionnaire et en faire une arme de plus entre les mains du prolétariat.
Puissions-nous donc ainsi inoculer à la grande foule dont nous nous honorons d’être le virus révolutionnaire, qui a déterminé les grandes journées dont l’histoire a gardé le souvenir ; puissent nos efforts augmenter le nombre de ceux qui attendent avec impatience que pointe à l’horizon la rouge aurore de la délivrance.
La Rédaction.